Les Mondes de Marie Reilhac
Pour Marie Reilhac, l’imaginaire est la part la plus précieuse de chaque être. De ce voyage permanent dans les univers intérieurs, lui vient sans doute cette force qui l’habite, ce goût et ce besoin de solitude, cette pudeur qui pourrait passer pour de la fragilité... Parce que la sincérité passe par l’humilité, Marie, longtemps, a peint avec des mots. Pour qu’ils disent la forme, la couleur, l’importance du détail, la vibration de la lumière. Avec eux, elle composait des livres à exemplaire unique, des pages habillées d’un poème, d’un coup de crayon, d¹un fragment collé, d’un fil doré, de ces trois fois rien qui font un tout. Non pas livres-objets, mais livres-miroirs, livres à rêver... Depuis, pour Marie, peindre est devenu une manière d’étendre son contact charnel avec les autres. Il lui faut chaque jour respirer les papiers, les crayons, les encres, la craie. Chez elle, le geste créateur est toujours rapide. Comme s’il y avait urgence, refus de toute reculade, de tout remords. Construire sinon une œuvre, du moins un univers. Celui du peintre Marie Reilhac commence par le microcosmique. Pourquoi ? "Non pas pour que le minuscule devienne grand mais pour qu’il retrouve son importance et son scintillement... Pour que le dérisoire, le détail, le fragment se transforment en monde rêvé", dit-elle. Cultiver, embellir par le détail... C’est sans doute pour l’artiste se rapprocher du projet de Paul Klee qui voulait "rendre visible l’invisible" Couleurs vives, couleurs sombres, formes effilées, aériennes ou, au contraire, compactes, encastrées, enchevêtrées... Ses œuvres jouent côté ombre ou côté lumière avec la même énergie, la même force têtue. Il faut des répétitions rassurantes pour affirmer un style, une technique, un art. Mais peindre, pour Marie Reilhac, c'est encore autre chose. C'est donner à l¹autre une part de soi. Ouvrir une porte sur l'espoir. Sa peinture peut rester sans titre. Elle n'est que le rêve perpétuel d'un regard qui lui donne un sens !